Comment Israël est devenu une nation startup

Israël, startup

Dans un pays relativement jeune, Israël a réussi à établir une communauté startup qui a dépassé toutes les attentes et tous les défis. La question gagnante est posée par Dan Senor et Saul Singer dans leur livre Israël, la nation startup; Les ressorts du miracle économique israélien. Comment est-il possible qu’Israël — un pays de 8 millions d’habitants, âgé d’à peine 69 ans, entouré d’ennemis, en état de guerre permanente depuis sa fondation, sans ressources naturelles — voie naître plus d’entreprises en démarrage que certaines des grandes nations pacifiques, et affiche plus d’entreprises sur NASDAQ que tout autre pays dans le monde?

Israël a réussi en créant un écosystème où l’innovation est récompensée au sein d’une culture qui encourage l’esprit d’entreprise. En vérité, les difficultés qui auraient pu empêcher Israël de devenir un centre d’entreprises en démarrage par excellence sont aussi les raisons de son succès.

L’armée

Israël possède une des armées les plus fortes et les plus intelligentes au monde. Dans l’armée, les jeunes soldats acquièrent des valeurs entrepreneuriales précieuses telles que le leadership, le travail d’équipe et le sacrifice. Oded Hermoni, un entrepreneur israélien, basé à Silicon Valley, dit qu’«aux États-Unis, les gens ont tendance à respecter le titre et non l’individu. En Israël, c’est le contraire. Dans l’armée, les Israéliens apprennent à tester et à expérimenter avec des innovations pendant des années avant d’en arriver à s’inscrire à l’université. Non seulement cela encourage-t-il “l’apprentissage pratique”, mais aussi, quand les Israéliens entrent à l’université ils possèdent déjà une riche base de connaissances. En outre, Israël a appris à intégrer l’expérience du champ de bataille à la main-d’œuvre. Alors qu’aux États-Unis d’anciens combattants jeunes et capables ont du mal à se trouver du travail, les entreprises israéliennes ont appris à utiliser l’expérience acquise dans l’armée à leur avantage.»

Recherche et développement

Israël investit davantage dans la recherche et le développement (par rapport au PIB) que tout autre pays au monde. Une estimation de 23,86 millions d’euros, donc environ 5 % du PIB. La principale source du financement en R et D en Israël provient du gouvernement et des organisations publiques. Le financement reçu par les universités contribue également au succès de la R et D, ainsi qu’en témoigne le nombre de brevets émis dans les universités israéliennes. Selon le Industrial Technology Report, les recherches approfondies dans le domaine de la défense militaire jouent un rôle important dans le domaine de la recherche ainsi qu’au sein des communautés industrielles et scientifiques d’Israël. Les grandes sociétés de technologie ont également investi dans des centres de recherche en Israël. Ces sociétés comprennent Intel, Google, Apple, EMC, Xerox, etc.

Politiques d’immigration

Près de la moitié des Israéliens sont des immigrants. Israël ne voit pas l’immigration comme un fardeau. Au contraire, elle est encouragée. Le pays cherche constamment des moyens novateurs pour attirer de nouveaux et talentueux immigrants. Par exemple, en 2015, Israël a annoncé un plan visant à offrir des «visas d’innovation.» Selon le ministère, les entrepreneurs qui souhaitent obtenir ce visa de 2 ans recevront des ressources pour développer de nouvelles entreprises de haute technologie. Leurs visas seront également prolongés si ces individus décident de poursuivre un projet d’établissement d’entreprise en démarrage en Israël. On peut témoigner de l’importance de l’immigration lorsque durant les élections les politiciens s’adonnent à de vifs débats sur la façon dont ils envisagent d’attirer des immigrants.

La mère juive

Attribuer le succès entrepreneurial d’Israël aux mères juives peut paraître comique, mais comme on le dit souvent, dans chaque blague, il y a un peu de vérité. C’est une notion en laquelle Yossi Vardi, le père de l’entrepreneuriat israélien, croit fermement. «Votre mère juive vous pousse à réussir et vous pousse constamment à continuer. Depuis que j’avais l’âge de six ans, ma mère me disait: « Tous tes cousins sont intelligents” et “Comment se fait-il que tu sois un idiot? Je suis la mère d’un idiot. Comment cela a-t-il pu se produire?» A-t-il raconté lors d’une table ronde à SLUSH. Selon Vardi, dès la naissance, les mères juives vous disent que vous devez réussir et faire de votre mieux. Elles constituent vraiment l’ingrédient secret.

Mentalité de survie
Vivre en Israël produit une mentalité qui est différente de celle des gens qui vivent dans des pays pacifiques et stables. Une mentalité «je refuse de mourir» qui suppose une volonté de toujours vouloir progresser, peu importe les circonstances. Dans leur livre, Senor et Singer racontent une histoire qui explique cette mentalité. Lorsqu’au milieu d’une guerre, Warren Buffet envisageait l’achat de la société israélienne, ISCAR Metalworking, le PDG d’ISCAR a appelé Buffet et lui a dit: «Pour nos clients, il n’y aura pas de guerre.» C’était une promesse de livrer un produit de qualité aux clients, peu importe ce qu’il fallait faire pour y arriver.
De nombreux pays et villes souhaitent reproduire la culture de startup d’Israël. Nous entendons surtout parler du pays quand il est question de guerre, mais le succès de la Nation startup n’a pas passé inaperçu. Dennis Coderre de Montréal même a ouvertement loué l’économie de marché ouverte du pays, ainsi que la culture entrepreneuriale et technologique. En novembre, il a mené une délégation en mission économique en Israël. Cela dit, nous ne pouvons qu’espérer qu’un jour Montréal réussisse à atteindre les rangs de Tel-Aviv.
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About Katherine Korakakis

Katherine has spent most of her life working alongside start-ups in various verticals. For 10 years, she was responsible for the development of entrepreneurial initiatives and projects under the auspices of the Youth Entrepreneurship Challenge, a Youth Secretariat program of the government of Quebec. She has authored and co-authored guidebooks on entrepreneurship education. Katherine first developed her passion for building businesses when she co-founded Glambiton. She was instrumental in the development of the first National Entrepreneurship Day for the province of Quebec. Katherine has served on the Boards of numerous non-profit organizations and currently sits on PMEMTL Centre-Ouest and EPCA. She sits on the investment committees of PME MTL Centre and PME MTL Centre-Ouest. These entities are the decision making bodies with regards to business financing with the city of Montreal. She currently is Manager of Entrepreneurship for ProMontreal Entrepreneurs (PME), an early stage VC fund and entrepreneurship program that invests in multiple verticals. The fund has a social business model and has been around for 20 yrs.

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